Machin, Machine · Épisode 9

Le RAG

Sous la robe noire, la boîte noire.

L'hallucination

Pourquoi l'IA invente un arrêt ?

Vous demandez à une IA :

« Donne-moi l'arrêt clé de la Cour de cassation sur la rupture brutale ».

  • Date, chambre, numéro de pourvoi, attendu cité. Tout est logique.
  • Sauf que sur Légifrance, l'arrêt n'existe pas.
  • C'est une hallucination structurelle : un LLM est entraîné à produire du texte plausible. Le RAG est une solution pour empêcher cela.

Étape 1 : « Retrieval »

Chercher avant de répondre

Une règle d'or : interdiction de répondre de mémoire.

  • À chaque question, le système commence par chercher dans une base de documents les passages les plus pertinents.

C'est l'étape de « retrieval » : la question devient des coordonnées, on retrouve les voisins les plus proches.

  • « Donne-moi l'arrêt clé de la Cour de cassation sur la rupture brutale ». 5 arrêts pertinents remontés de Judilibre.

Étape 2 : « Augmentation »

Coller les textes sous son nez

Une fois les passages trouvés, on les injecte dans le prompt du LLM avant sa question :

« Voici 5 décisions récentes sur la rupture brutale. À partir de ces décisions, et uniquement de ces décisions, réponds à : quelles sont les conditions d'application ? »

  • Le LLM n'a plus à puiser dans sa mémoire : il a les vrais textes sous les yeux.

Étape 3 : « Generation »

Rédiger à partir des sources

Maintenant, le LLM fait ce qu'il sait faire de mieux : rédiger.

  • La réponse est ancrée dans les arrêts fournis.
  • Le LLM peut citer ses sources, elles sont dans son contexte.
  • S'il écrit « selon l'arrêt rendu le 12 mars 2024 », c'est parce qu'il vient de le lire et non parce qu'il a deviné une date qui sonne juste.

Pourquoi c'est critique

L'IA juridique exploitable

Le RAG transforme l'IA d'un copain bavard en un assistant qui rend des sources.

  • La connaissance de l'IA ne vient plus d'un entraînement figé il y a deux ans.
  • Elle vient de la base à jour qui est « branchée » dessus.
  • Le LLM, c'est juste le rédacteur. Le vrai travail, c'est ce qu'on lui pose sur la table avant qu'il prenne la plume.